Quelles sont les conséquences à long terme pour les personnes ayant survécu à un cancer des voies aérodigestives supérieures ?
Les cancers des voies aérodigestives supérieures, qui touchent notamment la bouche, la gorge, le larynx ou les glandes salivaires, comptent parmi les cancers les plus fréquents dans le monde. Grâce aux progrès des traitements, de plus en plus de personnes vivent aujourd’hui plusieurs années après un diagnostic. Pourtant, les séquelles physiques et psychologiques liées à la maladie et à ses traitements peuvent persister bien au-delà des cinq premières années et altérer durablement leur qualité de vie.
Une analyse approfondie de 166 études portant sur plus de 82 000 patients révèle que les effets secondaires les plus fréquents incluent des difficultés à avaler, une sécheresse buccale intense, des troubles de la parole et des douleurs chroniques. Ces symptômes, souvent sous-estimés, peuvent s’aggraver avec le temps et compliquer des gestes essentiels comme manger, parler ou respirer. Par exemple, la sécheresse buccale et les problèmes de déglutition s’intensifient fréquemment après une radiothérapie, avec des répercussions jusqu’à dix ans après la fin des soins.
Les traitements combinant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, bien qu’efficaces pour éliminer la tumeur, laissent souvent des traces durables. Les patients rapportent aussi une fatigue persistante, des modifications de la voix ou des limitations dans l’ouverture de la bouche. Ces atteintes physiques s’accompagnent parfois de conséquences psychologiques, comme une anxiété accrue, une dépression ou un sentiment d’isolement social.
Pourtant, les études montrent que l’évaluation de ces séquelles à long terme reste inégale. Les suivis médicaux se concentrent souvent sur la détection de récidives ou la survie, sans toujours prendre en compte l’impact global sur le quotidien. Les méthodes d’évaluation varient d’une étude à l’autre, ce qui rend difficile la comparaison des résultats et la mise en place de solutions adaptées.
Les chercheurs soulignent également un manque de données sur l’expérience vécue par les patients, notamment dans les pays à revenus intermédiaires ou faibles, où l’incidence de ces cancers est pourtant élevée. Les différences culturelles, l’accès aux soins et les habitudes de vie influencent fortement la manière dont les personnes vivent avec ces séquelles.
Améliorer la prise en charge à long terme nécessiterait une approche plus standardisée, incluant des évaluations régulières de la qualité de vie et un accompagnement psychologique et social renforcé. Des interventions ciblées, comme des programmes d’exercices pour retrouver une meilleure mobilité ou des thérapies de soutien, pourraient aider les patients à mieux vivre avec ces défis persistants. Une meilleure coordination entre spécialistes et médecins généralistes serait aussi essentielle pour assurer un suivi adapté à chaque situation.
Informations et sources
Référence scientifique
DOI : https://doi.org/10.1007/s00520-026-10443-1
Titre : Long-term outcomes among individuals living with and beyond head and neck cancer: a scoping review
Revue : Supportive Care in Cancer
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Liana Fillo; Hanna Ginther; Joseph C. Dort; Benny Rana; T. Wayne Matthews; Diane Lorenzetti; Khara M. Sauro