
Le diabète ralentit-il la progression des anévrismes de l’aorte abdominale ?
Les personnes atteintes de diabète présentent un risque réduit de développer un anévrisme de l’aorte abdominale, une dilatation progressive et potentiellement mortelle de la principale artère du corps. Cette relation inattendue a été observée dans plus de trente études à travers le monde. Les patients diabétiques voient non seulement leur risque de formation d’anévrisme diminuer de 20 à 40 %, mais aussi la croissance de l’anévrisme ralentir de 0,3 à 0,8 millimètre par an. Leur risque de rupture, souvent fatale, est également inférieur à celui des non-diabétiques.
Cette protection semble liée à des modifications biologiques spécifiques. Le diabète entraîne une accumulation de sucres dans les parois artérielles, ce qui renforce leur rigidité et limite leur dilatation. De plus, les caillots sanguins présents dans l’anévrisme sont plus stables chez les diabétiques, réduisant ainsi la dégradation de la paroi artérielle. Enfin, l’inflammation et la destruction des tissus par des enzymes sont moins intenses, ce qui contribue à une progression plus lente de la maladie.
Parmi les traitements du diabète, la metformine suscite un intérêt particulier. Ce médicament, largement utilisé, agit bien au-delà de la simple régulation du sucre dans le sang. Il réduit l’inflammation des vaisseaux, limite le stress oxydatif et protège la structure de la paroi artérielle. Des études sur des animaux ont montré que la metformine diminue la formation et la croissance des anévrismes, avec des résultats encourageants sur la préservation de l’élasticité des artères. Chez l’humain, les patients sous metformine présentent des anévrismes de plus petite taille et une progression plus lente.
D’autres médicaments contre le diabète, comme les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes du récepteur GLP-1, montrent également des effets protecteurs dans des modèles animaux. Ils réduisent l’inflammation et améliorent la stabilité de la paroi artérielle, mais leur efficacité chez l’humain reste à confirmer par des études cliniques.
Ces découvertes ouvrent une nouvelle piste pour le traitement des anévrismes. Si les essais en cours confirment ces résultats, des médicaments comme la metformine pourraient devenir un complément thérapeutique pour ralentir la progression de la maladie, surtout chez les patients non éligibles à une intervention chirurgicale. Cela représenterait une avancée majeure, transformant une maladie souvent gérée par la chirurgie en une affection pouvant être stabilisée par des traitements médicamenteux.
Informations et sources
Référence scientifique
DOI : https://doi.org/10.1186/s40842-026-00275-7
Titre : Metformin and beyond: glucose-lowering therapy as a potential modulator of abdominal aortic aneurysm growth and stability- systematic review with narrative synthesis
Revue : Cardiovascular Diabetology – Endocrinology Reports
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Margaret Plamenova Dimova; Bistra Petrova Boneva; Boris Nikolaev Ilchev; Yanislava Ivo Karusheva
Crédit image
Photographie issue de Pixabay, exploitable commercialement dans des publications scientifiques spécialisées.